vendredi 8 septembre 2017

Exposition Galerie du Second Jeudi

Du 14 au 17 septembre 2017.

" Nous aimons Bernard Menez. Dès qu'il est à l'image, qu'il entre en scène, il nous ravit. Il n'a rien d'autre à faire que d'être lui-même pour nous enchanter. Il existe, pour notre plus grand bonheur, avec cette dose de maladresse, de distraction, un corps très présent et pas toujours synchronisé avec sa pensée. Nous aimons le voir contrôler des billets dans « Maine Océan », chanter « Jolie poupée » dans un hamac chez Drucker, distribuer des tracts pour les législatives, casser une assiette dans « Du côté d'Orouët », s'étonner de la disparition de ses excréments dans le « Chaud Lapin ». Nous aurions rêvé de l'avoir comme prof de maths, avant que Jacques Rozier ne l'attrape in extremis pour en faire un acteur.
S'il se trouve être le sujet de notre exposition, c'est peut-être aussi parce que Bernard Menez renverse les hiérarchies. Alors qu'on admet généralement le cliché selon lequel les avant-gardes ont un temps d'avance sur leur époque, et que leurs concepts nouveaux se diffusent petit-à-petit dans la société, Bernard Menez nous prouve le contraire : il infuse vers le haut, en incarnant un modèle d'artiste qui se moque des frontières, de l'esprit de sérieux, du contrôle de soi. Le roi de la samba semble ne rien s'interdire. Son histoire relie différentes bulles qui n'ont pas toujours l'habitude de se rencontrer. C'est un homme populaire, moyen (« Je ne suis ni beau ni laid [...]ni grand ni petit ») qui à de multiples reprises a fait des incursions dans le cinéma d'auteur.
Il le dit lui même « il a le physique d'un homme en vacances ». Être en vacances c'est, si l'on s'en tient à la définition, être en état de vide, inoccupé. Vidé de ce qui nous fait perdre de l'énergie inutilement ; des vacances non pas pour ne rien faire mais pour « expérimenter, comprendre, approfondir, inventer, rêver [...] ».
Et ce n'est peut-être pas un hasard, si notre exposition autour de Bernard Menez a lieu le 14 septembre prochain à la galerie du Second jeudi. Cette fameuse période où, bien que le travail ait repris, il persiste dans l'air ce parfum de vacances. "

Adrien Castillo & Bertrand Dezoteux